Etudiants en première année d'apprentissage d’ingénieur en système électrique, nous
avons remarqué que nous appartenions tous à la même classe sociale - plus ou moins aisée...
Petit rappel sur la
manière dont on catégorise
les différentes classes sociales selon leurs revenus mensuels : le seuil de pauvreté en
France est établi à 761€ mensuels pour une personne seule, 1 485
€ pour un couple sans enfant et 1 949 € pour un couple avec deux
enfants.
Aujourd’hui, nous considérons une personne riche
vivante seule à partir de 3 045 €, 5 940 € pour un couple et 7
797 € pour un couple qui aurait à sa charge deux enfants. Les
inégalités sociales sont de plus en plus observables car la
population française est en constante augmentation depuis ces
dernières années ce qui créait d’autres inégalités telle que
des inégalités au niveau scolaire en fonction du niveau social.
En
effet, d’après des études qui ont été réalisé, le niveau
scolaire est souvent associé à la classe sociale des parents. En
décembre 2013 l’enquête PISA montrait que la France est le pays
européen le plus touché par la perte de chance de certains élèves
venant de milieu modeste. Cela entraîne une chute du niveau des
élèves y compris des meilleurs. Ouvriers
et employés se distinguent du reste de la population par leur faible
niveau de diplôme. Respectivement 28 % et 16 % ne
possèdent aucun diplôme ou au maximum le certificat d’études
primaires. 2 % des ouvriers, 4 % des agriculteurs et 8 %
des employés disposent d’un diplôme au-delà au bac + 2, contre
68 % des cadres supérieurs. Seuls 1 % des cadres ne sont
pas diplômés.
On l’oublie souvent, mais ouvriers et employés
représentent la moitié des actifs. Au total, à peine un quart des
actifs dispose d’un niveau de diplôme égal ou supérieur à bac +
2, 25 % détiennent un CAP ou un BEP, 20 % le bac… (Selon
une étude réalisée par inegalites.fr).
Ces
inégalités sociales ne sont pas uniquement observées au niveau du
collège : elles s’accumulent dès les petites classes. De
plus, la coupure entre primaire et collège, l’académisme des
enseignements au secondaire ensuite et l’évaluation à répétition
tout au long de la scolarité accentuent encore plus les écarts
entre les différents milieux sociaux. Les modules de soutien mis en
place évitent pour certains le pire sans permettre de réelle remise
à niveau des élèves les plus en difficulté.
Un écart
flagrant...
Dès leur arrivée en secondaire on note chez
certains enfants issus d’une famille ouvrière un niveau faible et
beaucoup de difficultés dans les matières scientifiques telles que
les mathématiques ou le Français. Or, les compétences d’un élève
en primaire sont déterminantes pour la suite de son parcours
scolaire. Ce retard leur vaut des difficultés concernant l’obtention
des diplômes dans la suite de leurs études.
Sur 100 jeunes élèves entrés en 6 e, 44
possèdent un diplôme d’enseignement supérieur. Sur ses 44
étudiants, 76% sont des enfants d’enseignants ou de cadre, 31%
sont des enfants d’ouvriers et seulement 20% sont des enfants
d’ouvriers non qualifiés. Ainsi un enfant ayant des parents
ouvriers non qualifié ou sans emploi à beaucoup moins de chances
d’obtenir un diplôme comme le baccalauréat par exemple, qu’un
enfant de cadre ou d’enseignant.
Plus la scolarité avance plus l’écart se
creuse entre les différents milieux de vie. En effet selon «
France, portrait social » un enfant d’ouvrier à moins de chance
d’obtenir un bac et de réaliser un bac+5 qu’un enfant de cadre
ou d’enseignant.
De plus, le choix sur l’orientation qui est
prise après un baccalauréat joue sur la probabilité d’obtenir un
diplôme supérieur. Les jeunes de milieux favorisés sont plus
orientés vers des études plus poussé que les autres. En effet, les
enfants de cadre sont plus nombreux dans les filières qui préparent
de longues études telles que les CPGE ou médecine tandis que les
enfants d’ouvrier favorisent les diplômes tels que le BTS plus axé
sur l’insertion au travail pour entrer le plus rapidement dans le
milieu professionnel tout en ayant des qualifications.
Le
23
septembre 2016 a été recensé que 58
% des élèves des sections étant catégorisés d’élèves en
difficulté au collège sont issus de catégories sociales
défavorisées, 2 % sont enfants de cadres supérieurs. Selon le
milieu social, la réussite des élèves au collège est très
inégale et c’est ce qui enfonce encore plus ces jeunes qui ne
bénéficient pas d’un statu assez élevé pour ensuite trouver un
travail.
Les
résultats des examens scolaires sont liés à l’origine sociale
des élèves, comme le confirme la publication des résultats au
diplôme national du brevet pour la session 2015 par le ministère de
l’Éducation. Si le taux de réussite est en moyenne de 86,4 %,
il varie de 80,8 % à 96,5 % selon que l’élève a un
parent ouvrier ou cadre supérieur. Celui des enfants de professeurs
ainsi que celui des enfants d’instituteur n’est pas très loin
des 100 % (pour les enfants d’instituteurs 96,8 %) alors
que le taux de réussite des élèves dont les parents sont
professions intermédiaires est de 91,6 % ce qui est un bon
résultat mais bien derrière l’autre classe plus aisée.
Voici
un tableau qui résume les taux de réussite en brevet des
collèges selon les différentes catégories sociales :
Taux
de réussite au brevet des collèges
Selon la catégorie sociale Unité : % |
|
Taux
de réussite
|
|
Agriculteurs
exploitants
|
93,7
|
Artisans,
commerçants, chefs d'entreprise
|
89,0
|
Cadres
supérieurs
|
96,5
|
-
dont professeurs et assimilés
|
97,9
|
Professions
intermédiaires
|
91,6
|
-
dont instituteurs et assimilés
|
96,8
|
Employés
|
86,2
|
Ouvriers
|
80,8
|
Ensemble
|
86,4
|
Source
: ministère de l'Education nationale - Données 2015 - ©
Observatoire des inégalités
|
|
Nous
remarquons que les taux les plus élevés sont ceux des enfants de
cadres dont les enfants d’enseignants et les taux les plus bas sont
les enfants d’employés et d’ouvrier. Et nous pouvons observer ce
phénomène lors du passage du baccalauréat aussi où le plus grand
taux de réussite revient encore une fois aux enfants de cadres
contrairement aux enfants d’ouvriers qui eux sont minoritaires.
Comment
ces inégalités se construisent-elle ?
Selon
le programme PISA (Program
for International Student Assessment en
anglais et Programme
International pour le Suivi des Acquis des élèves
en français),
le système scolaire français cherche à tirer les meilleurs vers le
haut, plutôt que d'élever le niveau de l'ensemble des élèves en
assurant la réussite de tous. La dernière livraison de cette
enquête internationale (datant de 2009) a montré par exemple que
l'écart de performance en lecture entre les élèves les plus forts
et les plus faibles est plus élevée en France que dans la plupart
des autres pays. Et ce fossé se creuse, alors qu'il a tendance à se
réduire, en moyenne, dans l'OCDE (L'Organisation
de Coopération et de Développement Economiques).
Le
niveau d’études des parents et leurs pratiques culturelles jouent
dans la réussite des enfants. Lorsque les enfants ont de bonnes
dispositions financières ils sont capables de subvenir aux besoins
de leur enfant comme leur prendre des professeurs particuliers ou
encore les envoyer dans une école bilingue afin d’améliorer la
langue qu’ils souhaitent étudier.
Il
est vrai que plus le cerveau est stimulé plus les facultés
intellectuelles sont développées. Une étude de Marc Rosenzweigun,
nous informe qu’un cerveau est mieux développé lorsqu'il a pu se former
grâce à des stimulants extérieurs comme les jeux (vidéo,
interactive, en plein air,…) ou l’accès à un environnement
aisé. De plus un enfant qui n'est pas soumis au stress et aux
problèmes de ses parents dû aux contraintes financières aurait un
développement intellectuel plus structuré et pourras se projeter
plus facilement dans un avenir meilleur.
Quels
sont les moyens mis en place par le gouvernement français pour
pallier à cette inégalité ?
Si
l'on en croit le Programme international pour le suivi des acquis des
élèves (Pisa), qui évalue le niveau scolaire des enfants de 15 ans
dans 65 pays dans le monde, l'école française est particulièrement
sélective et inégalitaire. C’est la raison pour laquelle le
gouvernement s’est fixé pour objectif de réduire l’écart de
réussite scolaire des enfants à moins de 10% en 2016. L’État
lance en 2015 un nouveau programme de lutte contre « L’inégalité
scolaire ». En effet, Najat Vallaud-Belkacem présente en mars 2015
une réforme permettant de mieux enseigner les bases du système
scolaire aux élèves et d’assouplir les programmes et
l’organisation pédagogique afin de s’adapter à la diversité
des besoins des élèves. Aussi, le gouvernement a instauré un
système visant à permettre l’insertion de 301⁄2 boursiers dans les classes préparatoires et les grandes écoles. En espérant
que cela puisse réduire ces inégalités qui malgré tout sont
présents dans les différentes écoles…
Sources :
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