vendredi 4 novembre 2016

Du revenu des parents aux diplômes des enfants

Etudiants en première année d'apprentissage d’ingénieur en système électrique, nous avons remarqué que nous appartenions tous à la même classe sociale - plus ou moins aisée...
Petit rappel sur la manière dont on catégorise les différentes classes sociales selon leurs revenus mensuels : le seuil de pauvreté en France est établi à 761€ mensuels pour une personne seule, 1 485 € pour un couple sans enfant et 1 949 € pour un couple avec deux enfants.

Aujourd’hui, nous considérons une personne riche vivante seule à partir de 3 045 €, 5 940 € pour un couple et 7 797 € pour un couple qui aurait à sa charge deux enfants. Les inégalités sociales sont de plus en plus observables car la population française est en constante augmentation depuis ces dernières années ce qui créait d’autres inégalités telle que des inégalités au niveau scolaire en fonction du niveau social. 
En effet, d’après des études qui ont été réalisé, le niveau scolaire est souvent associé à la classe sociale des parents. En décembre 2013 l’enquête PISA montrait que la France est le pays européen le plus touché par la perte de chance de certains élèves venant de milieu modeste. Cela entraîne une chute du niveau des élèves y compris des meilleurs. Ouvriers et employés se distinguent du reste de la population par leur faible niveau de diplôme. Respectivement 28 % et 16 % ne possèdent aucun diplôme ou au maximum le certificat d’études primaires. 2 % des ouvriers, 4 % des agriculteurs et 8 % des employés disposent d’un diplôme au-delà au bac + 2, contre 68 % des cadres supérieurs. Seuls 1 % des cadres ne sont pas diplômés. 
On l’oublie souvent, mais ouvriers et employés représentent la moitié des actifs. Au total, à peine un quart des actifs dispose d’un niveau de diplôme égal ou supérieur à bac + 2, 25 % détiennent un CAP ou un BEP, 20 % le bac… (Selon une étude réalisée par inegalites.fr).
Ces inégalités sociales ne sont pas uniquement observées au niveau du collège : elles s’accumulent dès les petites classes. De plus, la coupure entre primaire et collège, l’académisme des enseignements au secondaire ensuite et l’évaluation à répétition tout au long de la scolarité accentuent encore plus les écarts entre les différents milieux sociaux. Les modules de soutien mis en place évitent pour certains le pire sans permettre de réelle remise à niveau des élèves les plus en difficulté.


Un écart flagrant...
Dès leur arrivée en secondaire on note chez certains enfants issus d’une famille ouvrière un niveau faible et beaucoup de difficultés dans les matières scientifiques telles que les mathématiques ou le Français. Or, les compétences d’un élève en primaire sont déterminantes pour la suite de son parcours scolaire. Ce retard leur vaut des difficultés concernant l’obtention des diplômes dans la suite de leurs études.
Sur 100 jeunes élèves entrés en 6 e, 44 possèdent un diplôme d’enseignement supérieur. Sur ses 44 étudiants, 76% sont des enfants d’enseignants ou de cadre, 31% sont des enfants d’ouvriers et seulement 20% sont des enfants d’ouvriers non qualifiés. Ainsi un enfant ayant des parents ouvriers non qualifié ou sans emploi à beaucoup moins de chances d’obtenir un diplôme comme le baccalauréat par exemple, qu’un enfant de cadre ou d’enseignant.
Plus la scolarité avance plus l’écart se creuse entre les différents milieux de vie. En effet selon « France, portrait social » un enfant d’ouvrier à moins de chance d’obtenir un bac et de réaliser un bac+5 qu’un enfant de cadre ou d’enseignant.
De plus, le choix sur l’orientation qui est prise après un baccalauréat joue sur la probabilité d’obtenir un diplôme supérieur. Les jeunes de milieux favorisés sont plus orientés vers des études plus poussé que les autres. En effet, les enfants de cadre sont plus nombreux dans les filières qui préparent de longues études telles que les CPGE ou médecine tandis que les enfants d’ouvrier favorisent les diplômes tels que le BTS plus axé sur l’insertion au travail pour entrer le plus rapidement dans le milieu professionnel tout en ayant des qualifications.
Le 23 septembre 2016 a été recensé que 58 % des élèves des sections étant catégorisés d’élèves en difficulté au collège sont issus de catégories sociales défavorisées, 2 % sont enfants de cadres supérieurs. Selon le milieu social, la réussite des élèves au collège est très inégale et c’est ce qui enfonce encore plus ces jeunes qui ne bénéficient pas d’un statu assez élevé pour ensuite trouver un travail.
Les résultats des examens scolaires sont liés à l’origine sociale des élèves, comme le confirme la publication des résultats au diplôme national du brevet pour la session 2015 par le ministère de l’Éducation. Si le taux de réussite est en moyenne de 86,4 %, il varie de 80,8 % à 96,5 % selon que l’élève a un parent ouvrier ou cadre supérieur. Celui des enfants de professeurs ainsi que celui des enfants d’instituteur n’est pas très loin des 100 % (pour les enfants d’instituteurs 96,8 %) alors que le taux de réussite des élèves dont les parents sont professions intermédiaires est de 91,6 % ce qui est un bon résultat mais bien derrière l’autre classe plus aisée.
Voici un tableau qui résume les taux de réussite en brevet des collèges selon les différentes catégories sociales :
Taux de réussite au brevet des collèges
Selon la catégorie sociale
Unité : %

Taux de réussite 
Agriculteurs exploitants
93,7
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise
89,0
Cadres supérieurs
96,5
- dont professeurs et assimilés
97,9
Professions intermédiaires
91,6
- dont instituteurs et assimilés
96,8
Employés
86,2
Ouvriers
80,8

Ensemble
86,4

Source : ministère de l'Education nationale - Données 2015 - © Observatoire des inégalités
Nous remarquons que les taux les plus élevés sont ceux des enfants de cadres dont les enfants d’enseignants et les taux les plus bas sont les enfants d’employés et d’ouvrier. Et nous pouvons observer ce phénomène lors du passage du baccalauréat aussi où le plus grand taux de réussite revient encore une fois aux enfants de cadres contrairement aux enfants d’ouvriers qui eux sont minoritaires.
Comment ces inégalités se construisent-elle ?
 Selon le programme PISA (Program for International Student Assessment en anglais et Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves en français), le système scolaire français cherche à tirer les meilleurs vers le haut, plutôt que d'élever le niveau de l'ensemble des élèves en assurant la réussite de tous. La dernière livraison de cette enquête internationale (datant de 2009) a montré par exemple que l'écart de performance en lecture entre les élèves les plus forts et les plus faibles est plus élevée en France que dans la plupart des autres pays. Et ce fossé se creuse, alors qu'il a tendance à se réduire, en moyenne, dans l'OCDE (L'Organisation de Coopération et de Développement Economiques).
Le niveau d’études des parents et leurs pratiques culturelles jouent dans la réussite des enfants. Lorsque les enfants ont de bonnes dispositions financières ils sont capables de subvenir aux besoins de leur enfant comme leur prendre des professeurs particuliers ou encore les envoyer dans une école bilingue afin d’améliorer la langue qu’ils souhaitent étudier.
Il est vrai que plus le cerveau est stimulé plus les facultés intellectuelles sont développées. Une étude de Marc Rosenzweigun, nous informe qu’un cerveau est mieux développé lorsqu'il a pu se former grâce à des stimulants extérieurs comme les jeux (vidéo, interactive, en plein air,…) ou l’accès à un environnement aisé. De plus un enfant qui n'est pas soumis au stress et aux problèmes de ses parents dû aux contraintes financières aurait un développement intellectuel plus structuré et pourras se projeter plus facilement dans un avenir meilleur.
Quels sont les moyens mis en place par le gouvernement français pour pallier à cette inégalité ?
Si l'on en croit le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), qui évalue le niveau scolaire des enfants de 15 ans dans 65 pays dans le monde, l'école française est particulièrement sélective et inégalitaire. C’est la raison pour laquelle le gouvernement s’est fixé pour objectif de réduire l’écart de réussite scolaire des enfants à moins de 10% en 2016. L’État lance en 2015 un nouveau programme de lutte contre « L’inégalité scolaire ». En effet, Najat Vallaud-Belkacem présente en mars 2015 une réforme permettant de mieux enseigner les bases du système scolaire aux élèves et d’assouplir les programmes et l’organisation pédagogique afin de s’adapter à la diversité des besoins des élèves. Aussi, le gouvernement a instauré un système visant à permettre l’insertion de 301⁄2 boursiers dans les classes préparatoires et les grandes écoles. En espérant que cela puisse réduire ces inégalités qui malgré tout sont présents dans les différentes écoles…
Sources :




























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